Le petit sillon permet seulement de
discriminer entre la guanine et les autres bases par
l’intermédiaire du groupe amino sur le N2. Le
grand sillon offre plus de potentiel en terme de discrimination (amino
groupe du C4 de la citosine, du C6 de
l’adénine, céto des guanine et thymine) et devrait
être la cible principale des interactions si l’on doit
distinguer entre paires de bases. Par ailleurs, le petit sillon pourra
être un site préférentiel pour les interactions
avec des ions métalliques ou des molécules d’eau.
L’ADN a une conformation
en double hélice droite, de type B. Ses
paramètres sont de 10,5 bp/tour (un tour a une longueur de 34
Å). Le
grand sillon est large (11,7Å) et le petit sillon étroit
(5,7 Å).
Les ARN peuvent aussi adopter une structure en double hélice. Il
s’agit alors d’une hélice de type A, qui est
également une hélice droite en double brins anti
parallèles présentant des appariements de type Watson -
Crick. Les paramètres de l’hélice A sont
différents de l’hélice B: 11 pb/tour (un tour fait
31 Å). Si la concentration saline augmente, il y aura passage en
hélice A’ (12 pb/tour). Le grand sillon est plus profond
que dans l’hélice B (13,5 Å contre 8,5 Å) , et
le petit sillon très peu profond (2,8 Å contre 7,5 Å
dans l’hélice B). La largeur des sillons est
également très différente entre les deux
hélices, le grand sillon de l’hélice A est plus
étroit que celui de l’hélice B (2,7 Å contre
11,7 Å). A l’inverse, le petit sillon de
l’hélice A est beaucoup plus large que celui de
l’hélice B (11 Å contre 5,7 Å).
Les différences de taille des sillons des deux types
d’hélice vont conduire à des interactions
différentes avec des motifs protéiques (contraintes
d’accessibilité). Par exemple, il a été
montré qu’un feuillet
b antiparallèle pouvait se
placer naturellement dans le petit sillon d’une hélice A
d’ARN. Cet assemblage est stabilisé par des liaisons H
directes entre les hydroxyl O
2’ des riboses et les
oxygène carbonyl de la liaison peptidique, et renforcé
par des liaisons H faisant intervenir des molécules d’eau
entre les groupes NH de la liaison peptidique et les oxygènes O
2’
et O
4’ des riboses.
D'après Principles of Nucleic Acid Structure, W. Saenger (Edt
Springer-Verlag), 1984
MOTIFS PROTÉIQUES DE FIXATION
AUX ACIDES NUCLÉIQUES
Motif
Hélice-tour-hélice

Ce motif a été
identifié à
l’origine dans des DNA binding protéines procaryotes. La
résolution des structures 3D de Cro, CI (deux répresseurs
du phage
lambda) et CRP
(régulateur transcriptionnel bactérien) a permis de le
déterminer sans aucune ambiguité. On retrouve
également ce motif dans des protéines eucaryotes comme
par exemple les homéobox (antenapedia par ex.). La
résolution de co-cristaux ADN-protéines a permis ensuite
de définir plus précisément le mode de
reconnaissance et de fixation à l’ADN. Il est à
noter que les protéines ayant ce motif sont en
général sous forme dimérique et que leurs sites de
fixation sont palyndromiques. On peut voir sur la structure du complexe
ADN-CRP que les deux hélices du motif sont exposées
à l’extérieur de la protéine. Le fragment
d’ADN est de 30 bp (environ 3 tours) et contient la
séquence consensus de fixation. Les deux hélices forment
un angle d’environ 60° et sont séparées par un
coude de 4 à 6 acides aminés. On peut observer que la
grande hélice (la 2nde du motif) se couche dans le grand sillon.
La 1ère hélice du motif va servir de verrou
conformationnel qui permet l’orientation correcte de
l’hélice de reconnaissance. Dans le cas de CRP, cette
fixation induit de plus une déformation (courbure) de
l’ADN formant un angle de 90°. Cette courbure est
principalement dûe à deux déformations de 40°
(kinks) qui se produisent entre les pb TG/CA (positions 5 et 6 de
chaque coté de la séquence symétrique). La
reconnaissance du site par CRP est liée d’une part
à cette distorsion et d’autre part à
l’établissement de liaisons H directes entre des
résidus de la grande hélice et 3 pb précises du
site de fixation (ces interactions ont lieu dans le grand sillon).
Motifs en Feuillets beta

Arc/Mnt: Les premières protéines
identifiées
comme interagissant avec l’ADN par l’intermédiaire
de feuillets béta, ont été Arc et Mnt, deux
répresseurs du phage P22. Ces deux répresseurs sont sous
forme tétramérique. Ils sont composés d’une
partie C-terminale majoritairement en hélices, et responsable
des interactions protéine-protéine, et d’un petit
domaine N-terminal qui apporte la spécificité de
reconnaissance de l’ADN. Ce domaine est composé d’un
feuillet béta suivi de deux hélices. Ce feuillet va
s’étendre dans le grand sillon en y établissant de
nombreux contacts.

IHF/HU: IHF et HU
sont des protéines "histone-like" de bactéries. Les
structures
d’IHF et HU d'origine mésophiles et thermophiles
montrent que ces protéines ont le même repliement
général: un corps majoritairement constitué
d’hélices a chapeauté par des feuillets b qui
s’étendent en deux bras en ruban. Sur l’image toutes
les structures connues de protéines HU sont superposées.
Les bras sont désordonnés dans les cristaux, et les
études par RMN on montré que bien que les bras soient
flexibles en solution, leurs extrémités sont
repliées. Les protéines IHF d’E. coli et HU
d’Anabaena ont été co-cristallisées avec
l’ADN. Les bras en ruban s’étendent dans le petit
sillon de l’ADN et un résidu proline extrêmement
conservé à l’extrémité de chaque bras
induit et/ou stabilise la courbure de l’ADN en
s’intercalant entre les paires de bases.
Article original: Swinger & Rice
(2004) Curr Opin Struct Biol. 14:28-35.
Autres structures: Swinger et al.
(2003) EMBO J. 22:3749-60.
Zinc finger

C’est un petit domaine qui requiert la coordination d’un ou
plusieurs atomes de Zn pour stabiliser son repliement. Sa structure est
en général constituée de deux feuillets beta anti
parallèles et d’une hélice alpha. L’atome de
Zn
est chélaté par des résidus histidine
et/cystéine. Ce motif permet de fixer de l’ADN et de
l’ARN. Les interactions avec l’ARN font intervenir 3 bases
et les acides aminés situés au début de
l’hélice alpha. Le premier motif à doigt de Zinc a
été identifié dans la protéine TFIIIA, un
facteur de transcription. Il s’agit d’un motif C2H2. La
paire de cystéine est séparée de la paire
d’histidine par une boucle de 12 acides aminés qui forme
le doigt à proprement parler. Les protéines ayant ce
motif l’ont toujours répété un minimum de 2
fois. Chaque doigt est séparé par une séquence de
7 à 8 acides aminés, appellée le H/C link. La
protéine TFIIIA comporte 9 de ces doigts.
Un autre sous groupe de doigt de zinc (appelé groupe Cx) est
également rencontré. La protéine Gal4 a de tels
doigts. Dans ce motif, l’atome de zinc
est chélaté par 4 cystéines, et la boucle
extrudée a une taille de 13 acides aminés.
Les doigts de zinc interagissent dans les grands sillons, et
interagissent avec 4 nucléotides. Un « code » de
reconnaissance a récemment été proposé, qui
ne sera pas présenté ici.
Voir article:
Isalan et al. (1997) Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 94, 5617-5621.
Leucine Zipper
Le motif Leucine Zipper n’est pas à proprement parler un
motif de fixation à l’ADN. Il est cependant important de
l’évoquer car c’est un motif structural qui va
permettre le positionnement correct d’une région de la
protéine se fixant à l’ADN. Ce motif a
été identifié à l’origine dans une
protéine enhancer. Le motif fait intervenir la
répétition
de Leucines tous les 7 résidus, ce qui va tous les positionner
du même côté d’une héliced a. En
général cette hélice est très longue avec
un minimum de 6 tours d’hélice. De plus cette
hélice est amphipatique, ce qui va permettre sa stabilisation
vis à vis du corps plus ou moins globulaire de la
protéine. Cette hélice va interagir fortement avec la
même hélice d’un autre monomère. C’est
cette interaction qui forme le zip. GCN4 possède un tel motif,
et si on fusionne un motif de fixation à l’ADN on
obtiendra une protéine chimère ayant la
spécificité de reconnaissance du motif greffé (ici
des doigts de zinc).
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INTERACTIONS
PROTÉINES - ARN
Les amino acyl tRNA synthétases ont des domaines
conservés mais pas de motifs courts conservés chez toutes
ces protéines.
Le facteur d'élongation des protéines appelé EF-Tu
est indispensable à l’élongation de la chaîne
polypeptidique lors de la traduction des protéines chez les
eucaryotes. Il permet que les ARNt se fixent au ribosome apportant
ainsi chaque peptide. C'est donc une protéine abondante, qui
existe sous deux formes liant respectivement le GTP et le GDP. La
forme GTP interagit fortement avec les ARNt, en donnant un complexe qui
a la structure générale présentée. On
distingue très nettement l'ARN de transfert avec sa forme dite
en "tête de marteau". La protéine est sous forme de trois
domaines dont les deux derniers interagissent avec l'ARN, tandis que le
premier fixe le GTP. Le premier domaine, dit de fixation du ligand est
de forme alpha-beta. Il ressemble à la protéine Ras (qui
est une
protéine G, fixant aussi GTP et GDP) Les deux autres domaines
sont du
type tonneau beta.
LA FIXATION
D'UNE PROTÉINE À L'ADN AFFECTE SA MOBILITÉ
ÉLECTROPHORÈTIQUE
Retards sur gel
L’EMSA(Electrophoretic Mobility Shift Assay), et son
dérivé le REMSA (RNA electromobility shift assay), est la
technique la plus simple qui soit pour étudier une interaction
entre un acide nucléique et des protéines. Elle repose
sur le fait qu’un complexe ADN-protéine ou
ARN-protéine migrera moins vite dans un gel
non-dénaturant qu’un ADN ou un ARN nu. Ce retard de
migration permet de juger au premier coup d’oeil si une
séquence particulière d’ADN ou d’ARN a
été reconnue et liée par une protéine.
L'illustration présente le cas de deux sites portés sur
un même fragment. Si les deux sites fixent la même
protéine, l'apparition du second complexe sera fonction de la
concentration en protéine dans la réaction.
La spécificité de l'interaction ADN-protéine peut
être vérifiée en incubant le(s) complexe(s)
formé(s) avec un anticorps reconnaissant la protéine,
puis en déposant sur gel natif les produits
générés. Le complexe ternaire
ADN-protéine-anticorps a une migration encore plus
retardée, qu'on qualifie de supershift. Cette technique est
particulièrement adaptée lorsque les protéines ne
sont pas purifiées (i.e. extraits nucléaires) afin de
vérifier que les complexes observés sont bien
spécifiques. Il est cependant possible qu'un anticorps qui
fonctionne très bien en western ne soit pas efficace en
supershift. Une possibilité est que l’épitope soit
moins accessible lorsque la protéine est fixée sur un
acide nucléique. Une autre, que son affinité ne soit pas
assez forte pour résister aux conditions
d’électrophorèse. De plus, il arrive parfois que
des anticorps interfèrent avec la liaison ADN-protéine:
dans ce cas, aucun supershift ne sera observé, et par ailleurs
on observera une inhibition du gel-shift. Dans le cas de complexes
faisant intervenir plusieurs protéines, le supershift permettra
d’identifier dans quels complexes sont impliqués les
différents partenaires.
Bending,
substrats de permutation, détermination des angles de courbure
Principe
de la
détermination de la courbure induite par la
fixation d’une protéine sur son site ADN. La
mobilité (µ) d’un complexe dépend de la
distance
entre ses extrémités (L). Cette distance est
modifiée en fonction de l’angle de courbure a induit par
la fixation de la protéine. µM
représente la plus
faible mobilité obtenue lorsque la protéine est
fixée au centre du fragment d’ADN. la plus forte
mobilité µE est obtenue lorsque la
protéine est
fixée à une extrémité.
L’utilisation de substrats de permutation va permettre
d’accéder à la valeur de l’angle de
distorsion induit par la fixation de la protéine. Plus le gel
utilisé sera concentré, plus l’effet observé
sur la migration sera important.
L’angle de courbure a peut être estimé
d’après la relation empirique: µ
M/µ
E
= cos
(a/2)
Pour la plus faible mobilité (µ
M) la
distance entre les
extrémités devient alors: L’ = L cos (
a/2)
Pour la plus grande mobilité (µ
E) a est quasi
nul et L’
est sensiblement égal à L
Lorsque l’ADN est courbé, la courbure va induire un
« déstacking » des paires de bases adjacentes.
L’affinité d’une protéine qui induit une
courbure dépend donc non seulement de la reconnaissance
spécifique d’une séquence, mais également de
la capacité de son site à se déformer. Il est
très fréquent que des sites de fixation de
protéines soient naturellement légèrement
courbés.
Phasing
La migration de l’ADN est déterminée par la
distance entre les extrémités. La localisation apparente
du centre de courbure sera donc sensible à la présence
des courbures environnantes. Ainsi la rotation d’une courbure par
rapport à une autre en ajoutant des petits segments d
’ADN, conduit à une variation sinusoïdale de la
distance entre les extrémités avec la
périodicité d’un tour d’hélice. Si
deux courbures sont dans le même plan et ont la même
direction (cis) la distance entre extrémités sera
minimale et l’effet sur la migration maximal. A
l’opposé, une configuration trans conduira à une
distance maximale entre les extrémités et un effet sur la
migration minimal. Cette propriété peut être
utilisée pour déterminer la direction d’une
courbure à une position en utilisant comme
référence une autre courbure de propriétés
connues.
Source: Lane et
al. (1992), Microbiol. Rev., 56: 509-528
Looping
et sandwiches
De nombreux opérons ont des sites multiples pour des
protéines régulatrices (ou comme nous allons le voir dans
un instant les bras du phage l pour l’assemblage de
l’intasome). Il a été montré dans de
nombreux cas que certaines protéines étaient capables
d’interagir avec deux sites pour former une boucle (loop). On
peut citer le cas de l’opéron arabinose. De tels
assemblages ont également pu être démontrés
par l’utilisation du retard sur gel. En particulier, de tels
assemblages vont être sensibles au phasing existant entre les
sites. On peut également tester ce type d’assemblage en
regardant la formation de sandwiches. Le retard sera pratiqué en
utilisant deux fragments d’ADN de taille différente qui
vont conduire à une mobilité apparente
intermédiaire entre les mobilités observées pour
chaque fragment pris séparément.
Source: Lane et al. (1992),
Microbiol. Rev., 56: 509-528
Exemple:
Assemblage de l'intasome lors de
l'excision du prophage lambda
La formation du complexe
nucléoprotéique conduisant à l'excision du
prophage
lambda du génome de son hôte repose sur différentes
propriétés que nous venons d'aborder: courbure de l'ADN,
importance du phasing, formation d'un sandwich.
Recherche
de sites génomiques par gel retard en 2 dimensions
Source: Lane et al. (1992),
Microbiol. Rev., 56: 509-528

La possibilité de sélectionner par gel retard des
molécules rares dans une grande population peut être
utilisée pour localiser des sites de liaison spécifiques
dans des génomes entiers. Le principal problème à
circonvenir est que la quantité et la complexité des
molécules d’ADN pourrait empêcher la
résolution des fragments retardés. Ils peuvent en effet
co-migrer avec des fragments non liés de plus grande taille.
L’utilisation d’une seconde dimension de migration permet
de contourner ce problème.
Un génome complet est soumis à une digestion par enzyme
de restriction, et marquage avant d’être incubé avec
la protéine d’intérêt (ici IHF sur le
génome du phage lambda). La migration en première
dimension va
décaler vers le haut (retard) les fragments ayant fixé la
protéine. La 2nde dimension sera réalisée dans des
conditions permettant la dénaturation des complexes ADN
protéine (température, agents chaotropes..). Les
fragments retardés en 1ère dimension
vont alors migrer « normalement » c’est à dire
plus vite que ceux de plus haut poids moléculaire avec lesquels
ils co-migraient dans la 1ère dimension. De fait, ils vont donc
sortir de la diagonale et pourront être
récupérés pour clonage etc…
L’ORGANISATION
DE LA CHROMATINE AFFECTE L'ACCESSIBILITÉ DE L'ADN
Lorsqu’il
n’est ni répliqué ni transcrit,
l’ADN est protégé par des protéines. Cette
protection se fait par enroulement autour de protéines basiques
(cationiques) capables de se lier avec l’ADN qui est un
polyanion. Des octamères d'histones sont au centre de particules
qu'on trouve tous les 200 nucléotides et autour desquels
l’ADN s'enroule. La structure évoque un « collier de
perles ». L’ADN ainsi lié aux histones est
protégé contre l'action des enzymes. Une
endonucléase peut digérer entre les « perles
» et détacher des particules de 11 nm de diamètre
appelées nucléosomes. Chaque nucléosome est
constitué d'un fragment de DNA de 145 nucléotides et de
huit molécules d'histones. La nucléase micrococcale a
beaucoup de difficulté à couper l'ADN complexé
à un nucléosome. On peut donc utiliser cet enzyme pour
couper la chromatine entre les nucléosomes, et juger ainsi de
l'état de la chromatine. L'ADN d'une cellule coupé
à la nucléase micrococcale et séparé sur
gel d'agarose ressemble à une échelle de fragments dont
la taille est un multiple d'environ 145 pb. Ils correspondent à
des monomères, dimères, trimères, etc. de
nucléosomes. Quand on tranfère cette échelle sur
une membrane et qu’on l’hybride avec une sonde d’ADN,
on observera une échelle si la région où
s’hybride la sonde a des nucléosomes en phase
(régulièrement déposés) ou encore une
traînée si les nucléosomes sont
déphasés (déposés
irrégulièrement).
©Benoît
Leblanc, Université de Sherbrooke
Positionnement
des nucléosomes par extension de monomères
Cette technique fournit énormément d'information sur la
position des nucléosomes. On peut ainsi regarder
l’état d’une région précise de
l’ADN (accessibilité etc…)
La chromatine est digérée par la nucléase
micrococcale jusqu'à l'obtention de monomères de
nucléosomes. Les monomères sont ensuite purifiés
et l'ADN extrait.
-A- La région
d’intérêt est clonée dans un
phagemide
(2 pour avoir les 2 brins) afin de faire de l'ADN simple brin
-B- Les deux brins sont
préparés indépendamment pour
déterminer la position de chacune des deux
extrémités des monomères (un seul brin est
représenté ici).
-C- L'ADN
récupéré des monomères de
nucléosome est dénaturé et hybridé sur
l'ADN simple brin du phagemide; il est ensuite allongé par la
polymérase de Klenow. Chaque monomère donnera naissance
à un fragment d'ADN dont la synthèse commence à
une position qui lui est propre.
-D- L'ADN obtenu après
l'extension par la Klenow est ensuite
coupé avec une endonucléase coupant une fois dans le
phage, ce qui génère une échelle de bandes: chaque
bande de cette échelle a une taille correspondant à la
distance entre l'extrémité distale du monomère et
le site de restriction. Cela nous donne la positon d'une des
extrémités de chaque nucléosome.
La même opération menée sur l'autre brin permettra
d'obtenir la position de l'autre extrémité du fragment
initialement protégé par le nucléosome.
DES
MODIFICATIONS DES BASES PEUVENT AFFECTER LA FIXATION DES
PROTÉINES
La technique de « methylation interference » est
basée sur une modification chimique des Guanines et
Adénines par le di méthyl sulfate (DMS).
Elle permet de
déterminer quelles bases établissent des contacts avec la
protéine. La méthylation de positions essentielles
à la fixation de la protéine inhibera le contact
(=interférence).
La position N
7 des guanines est localisée dans le
grand sillon
de la double hélice, et la position N
3 des
adénines dans
le petit sillon. Les interférences observées permettront
donc de localiser les contacts ADN-Protéine sur la double
hélice.

Un
fragment d’ADN radiomarqué à une
extrêmité est modifié dans des conditions telles
qu’une seule base par molécule sera modifiée.
Après méthylation, l’ADN est incubé avec la
protéine dans des conditions permettant la formation de
complexes. Les populations d’ADN lié et libre sont
séparés et purifiés.
L’ADN est ensuite traité à la pipéridine ce
qui conduit à couper les bases méthylées. Les
échantillons sont ensuite déposés sur un gel
dénaturant. Les bases critiques pour la fixation de la
protéine ne produiront pas de bandes dans la population
liée.
Sur le même principe, on peut également réaliser
des tests d’Ethylation interference. Dans ce cas, le substrat ADN
est éthylé par action de
l’éthylnitrosourée. Cette méthode permet
d’identifier les contacts critiques entre des Phosphate de
l’ADN et la protéine. Ces contacts sont importants puisque
les interactions électrostatiques fournissent
l’énergie de binding de l’interaction. De plus, le
squelette phosphate est relativement uniforme quelle que soit la
séquence des bases. L’interférence
d’éthylation est donc une des rares techniques qui puisse
être utilisée pour étudier des interactions qui ne
sont pas séquence spécifiques.
Exemple : Effet de
l’éthylation sur la fixation de
l’ARN Polymérase au promoteur LacUV5.
B= Bound (lié); F= Free (libre). Les effets sont très
discrets. Les signaux
affectés sont en général identifiés par
analyse densitométrique.
Adapté
de Noel & Reznikoff J. Biol. Chem. (2000) 275:7708-7712
article
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LA FIXATION D'UNE PROTÉINE
À L'ADN AFFECTE L'ACCESSIBILITÉ DES BASES

La méthodologie utilisée pour réaliser des
footprints (empreintes) ou des expériences de protection, ou
d’interférence est la même mais les informations
fournies sont différentes.
Les principes généraux sont les suivant:
Le fragment d’ADN à étudier est marqué
à UNE seule extrémité. Il faut donc 2 types
d’expériences pour obtenir les informations
complètes sur une région.
Chaque fragment d’ADN ne sera attaqué statistiquement
qu’une seule fois par l’enzyme ou le réactif
chimique. Les
réactions seront donc courtes en durée et les
réactifs utilisés à de faibles concentrations. Ces
conditions sont déterminées
expérimentalement pour chaque ADN étudié.
Dans les réactions de footprint, la fixation de la
protéine sur son site va le protéger de l’attaque
de réactifs chimiques ou de l’action de nucléases.
L’absence de dégradation permettra d’accéder
à la séquence reconnue. Il est à noter que les
footprints chimiques donnent des empreintes plus courtes que ceux
obtenus par les nucléases (problèmes d’encombrement
stérique).
Cette méthode peut également
être appliquée aux ARN. La nucléase choisie sera
alors une Rnase.
Empreinte
à
l’ExoIII

L’exonucléase III a une activité 3’-5’
exonucléase, mais ne s’attaque qu’aux
extrémités 5’ proéminentes ou franches. Elle
ne digère pas l’ADN simple-brin, ni à partir
d’extrémités 3’ proéminentes.
Cette activité de l’exo III est utile pour
déterminer les limites d’une interaction entre une
protéine et un fragment d’ADN. Si on marque
l’extrémité 5’ du fragment au
32P,
et que l’on traite celui-ci à l’exonucléase
III pendant qu’une protéine en protège une partie,
l’exonucléase III ne pourra digérer l’ADN que
jusqu’à ce qu’elle entre en contact avec cette
protéine. La taille de l’ADN protégé,
qu’on détermine sur dénaturant, permet alors de
déterminer jusqu’où s’étendait
l’interaction ADN-protéine.
Un des avantages de l’empreinte à
l’exonucléase III est que l’ADN
non-protégé par une protéine est
entièrement dégradé; une interaction partielle ne
génère donc pas de bruit de fond.
Principe de
l’empreinte à la DNaseI sur complexes
purifiés

A: Formation des complexes et traitement par la DNaseI.
Les complexes sont obtenus en incubant la protéine et son
substrat marqué sur un brin. Ils sont ensuite soumis à
l’action de la DNaseI, calibrée de sorte qu’il
n’y ait qu’une coupure par brin.
B: Séparation des complexes formés sur gel natif.
1: substrat incubé seul (S0); 2: substrat traité à
la DNaseI (SD); 3 : complexes formés après incubation du
substrat avec la protéine puis traité à la DNaseI
(SI et SII).
Les bandes S0, SD, SI et SII encadrées sont
découpées. L’ADN de chaque bande est
élué puis purifié.
C: Electrophorèse des ADN purifiés sur gel de
séquence.
Les régions protégées au sein des complexes sont
identifiées en comparant les profils obtenus avec l’ADN
des complexes (SI et SII) et celui de l’ADN seul traité
par la DNaseI (SD). Les séquences correspondantes peuvent
être déterminées en faisant migrer en
parallèle des réactions de séquence
réalisées sur le même substrat.
Exemple: Footprints à
la Dnase I des complexes fermés et
ouverts entre l’ARN polymérase et le promoteur Prmup-1265.
A: bottom strand; B: top strand.
C1, C2: contrôles sans et avec héparine
2,3: Closed complex sans et avec héparine (30’’ avec
RNAP, héparine ajoutée avec DNase)
4: Open complex avec héparine (60’ avec RNAP,
héparine ajoutée avec DNase)
Start transcription: +1
Article
original:
Li & McClure, J.
Biol. Chem. (1998) 273:23549-23557
Empreintes chimiques

Le principe de
l’empreinte se prête à
l’utilisation de différents réactifs outre les
nucléases. On peut ainsi utiliser les réaction
d’alkylation en utilisant le DMS (di méthyl sulfate) pour
méthyler les Guanines et les Adénines. Les produits de la
réaction sont la N
7-Me G et la N
3-Me A.
Ces bases
modifiées peuvent être coupées par la
pipéridine. Cette réaction est celle qui est
utilisée en séquence Maxam & Gilbert pour les purines
(G+A). Dans ce type de réaction, les G seront plus
réactifs que les A.
On peut également générer dans le milieu
d’incubation des radicaux hydroxyl libres qui attaquent la
chaîne de phosphate de l’ADN et cassent un des brins de
l’ADN.
La réaction pour générer ces radicaux est la
suivante:
Fe
2+(EDTA
4-) + H
2O
2
---> Fe
3+ (EDTA
4-) + HO
.
C’est le radical HO
. qui
attaque l’ADN. Il n’a pas de
préférence quant à la séquence et tend
à couper partout. Une telle empreinte peut donner plus de bruit
de fond qu’une empreinte à la DNase parce que cette
dernière, beaucoup plus massive, peut difficilement atteindre
des sites situés sous la protéine qui protège
l’ADN, alors qu’une petite molécule comme HO
. y
arrive plus facilement. D’autres radicaux peuvent être
utilisés pour ce type de réaction, comme
par exemple le cuivre-phénanthroline.
Empreintes
in vivo : apport de la LM-PCR
L’analyse des interactions entre une protéine et de
l’ADN ou de l’ARN
in vivo
nécessite deux
étapes:
(i) Modifier in situ les acides
nucléiques par le
réactif de footprint
(ii) Visualiser les footprints
Presque toutes les techniques utilisées pour étudier les
interactions ADN-protéines
in
vitro peuvent être
utilisées
in vivo
aussi. Il est juste un peu plus difficile de
faire pénétrer les réactifs dans la cellule et
d’en récupérer l’ADN par la suite. Parmi les
traitements disponibles pour effectuer des empreintes
in vivo, on peut
retenir
(a) la DNAse I: il faut alors
perméabiliser les cellules
(noyaux dans le cas des eucaryotes) pour permettre
l’entrée de l’enzyme, et s’assurer de ce
qu’il y ait assez de Mg2+
(b) le DMS, qui pénètre spontanément dans
les cellules et va causer une méthylation des guanines
non-protégées. Les guanines méthylées
peuvent alors être coupées par la piperidine.
(c) le footprinting UV, ou formation de dimères de pyrimidines
par irradiation aux rayons ultraviolets UVB (280-320nm) ou UVC
(200-280nm). Ces dimères de pyrimidines peuvent être
coupés par une photolyase et la piperidine. Cette empreinte aux
UV a l’avantage de ne pas (trop) affecter les cellules, et permet
donc d’étudier une cellule très près de son
état naturel.
présent dans le milieu.
La technique la plus populaire depuis une dizaine
d’années pour récupérer des fragments
d’ADN après une réaction d’empreinte
in vivo
est celle de LM-PCR, ou Ligation-Mediated Polymerase Chain Reaction.
Cette méthode fourni un seuil de sensibilité et de
spécificité qui convient pour visualiser des footprints
sur des séquences mono copies ou sur des ARNm peu abondants.
Principe de la technique de LM-PCR

A-
Récupération de l'ADN génomique. Cet ADN
contient des coupures simple-brin, là où la DNAse I ou un
autre agent comme le DMS a endommagé la chaîne d'acides
phosphoriques, ou des coupures double brin si l’on a
utilisé la Mnase (dans ce cas, la méthode change un peu).
B- Séparation des brins et hybridation de l'un d'eux avec une
amorce spécifique de la région étudiée.
L'autre brin pourra être étudié plus tard lors
d'une autre expérience. Les fragments d'ADN
générés à cette étape sont de
tailles différentes, la coupure à la DNAse I étant
partielle.
C- Extension de l'amorce. Cette élongation se fait jusqu'au bout
de l'ADN matrice et génère donc une
extrémité franche.
D- Ligation d'un adapteur double à l'extrémité
franche. Comme l'autre extrémité n'est pas franche,
l'adapteur ne peut pas s'y attacher. Cet adapteur a une
extrémité prohéminente, ce qui permet
d’éviter des concaténations. Elongation par PCR
à partir d’une deuxième amorce spécifique,
l'amorce a légèrement décalée de la
première amorce. Ce changement d’amorce permet
d’améliorer le résultat.
E- PCR entre l’amorce a et l'amorce b semblable à
l'extrémité prohéminente de l'adapteur
ajouté à l'étape précédente. Le
premier cycle de PCR n’a fonctionné que dans un sens,
c'est à dire à partir de l’amorce a, parce que
l'amorce b n'avait pas encore de séquence complémentaire.
Cette séquence sera synthétisée lors de ce premier
cycle. Le fragment d’intérêt peut alors être
amplifié puis cloné et séquencé.
Imaginons qu’on vienne de réaliser une expérience
d’empreinte à la DNAse
in
vivo sur le promoteur d’un
gène. L’ADN génomique entier de chaque cellule a
été coupé par la DNAse I et nous voulons
maintenant voir si des sites ont été
protégés au niveau de ce promoteur. l’ADN
génomique en entier est récupéré.
L’ADN qui correspond au promoteur est en si petite
quantité comparé à l’ADN génomique
qu’il doit être amplifié par PCR pour pouvoir
être visualisé de façon utile. Une
amélioration vient d’être apportée en
utilisant une amorce biotinilée à l'étape de
l’extention de l'amorce. Cette méthode va permettre
d’enrichir les produits
d’extention en les piégeant avec des billes
magnétiques couvertes de streptavidine. Les amplifications
suivantes seront améliorées d’autant.

Dans un premier temps, une amorce spécifique au promoteur
d'intérèt est utilisée. L’ADN
génomique
est dénaturé, et l’amorce 1 est
utilisée pour allonger tous les fragments
correspondant au voisinage du gène d’intérêt.
Cette élongation s’arrête là où la
DNAse I a fait une brèche dans le brin du bas. L’ADN du
promoteur ainsi allongé est donc rendu franc à une de ses
extrémités. Dans un deuxième temps, un adapteur
(linker) partiellement double-brin est ligué au bout de cette
extrémité franche. Cet adapteur est franc à
un bout et 5’ proéminent à l’autre; cela
évite entre autres d’avoir un concatémère
d’adapteurs au bout du fragment que l'on veut piéger: un
seul réussit
à s’y liguer. L’extrémité du
fragment d’ADN se trouvant en amont de l’amorce 1 n’a
pas pu être allongée et a donc une extrémité
proéminente; l’adapteur ne peut pas s’y liguer non
plus.
On commence alors la réaction de PCR en utilisant deux nouvelles
amorces. La première se trouve un peu en aval de l’amorce
1. En fait, on pourrait ré-utiliser l’amorce 1, mais il a
été démontré que changer d’amorce
à cette étape améliore la
spécificité des résultats. La deuxième
amorce, amorce LP25, correspond à
l’extrémité 5’ proéminente de
l’adapteur. Comme la séquence sur laquelle cette amorce
devrait s’hybrider n’est pas présente sur
l’adapteur, le premier cycle de PCR est linéaire: seule
l’amorce 2 peut s’hybrider à l’ADN et
être allongée. Cette première élongation
complète la séquence manquante de l’adapteur; lors
du deuxième tour de PCR, l’amorce LP25 sera capable de
s’hybrider et la réaction sera vraiment exponentielle.
Ingram
et al. Nucleic Acids Res. (2005)33:e1
article
Exemple: Comparaison entre des footprints obtenus par
différentes
méthodes, in vitro et in vivo
Les footprints obtenus
in vivo
(v) ont été obtenus par
LM-PCR, et comparés à ceux obtenus
in vitro (t) à
partir du même ADN.
Dnase : l’alternance de sites hypo et hyper réactifs
(flêches horizontales) obtenus
in
vivo est caractéristique
du positionnement de nucléosomes. On voit bien de plus les
empreintes des deux protéines régulatrices (CTCF et FP1).
Szabo et al., Mol Cell Biol. (2004)
24:4858-4868
article